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HISTOIRE DE CHALEINS

 

La première mention de Chaleins est de 984, de Chaleins au Chalengo par la suite, la commune changera plusieurs fois de dénomination.

- Chalens                                en 1182

- Chalenz                                en 1250

- Challeins                              en 1325

- Chaleyns                              en 1418          

- Chaleins en Dombes            en 1662

- Chalins                                 au XVIIIè siècle.

 

Les abbayes trouvent dans les pays de l’Ain une terre d’élection de très bonne heure (St Rambert, Ambronay, Portes, Meyriat, Montmerle,…) A st Jean de Vaux, (commune de Chaleins) se dressait une chapelle rurale, de même l’église du bourg de type romain secondaire a été construite vers 984.

 

Le hameau de Sapeins (ou Sapins XVIIIè siècle, Sapeyns 1418, Villa Sapes 1149) est mentionné dès le XIè siècle.

 

En 1097, Etienne de Montmerle, donna à l’obédience de Montberthous un mas situé à Sapeins, en 1149 Guillelmine de Chalamont cède à la même obédience tout ce qu’elle possède à Sapeins.

A l’Ouest de la ferme de Prost, au XIIIè siècle, le fief Novet uni au Comté de Messimy consistait en un moulin et ses dépendances. En 1302, Etienne de Laye reconnut le tenir du Sire de Beaujeu, il était alors appelé Cuet. En 1096, Achard de Montmerle l’avait engagé à l’abbaye de Cluny. En 1231, Uldric Paladin lègue 40 sous-forts à la paroisse de Chaleins pour acheter des chasubles.

 

En 1284, Guillaume Palatin se désiste en faveur du Chapitre de Lyon de tous ses droits qu’il avait sur la garde du cimetière de Chaleins et ses dépendances.

 

En 1378, le fief et la maison forte de Villette appartenaient à Henri de Villette dit Chartbuck,  en 1539 cette maison forte était entourée de fossés et possédait un pont levis. En 1482, Villette appartient à Pierre de Vennes dit la Mouche, en 1554 à Marguerite la Provinciale, en 1676 à Mathieu de Sève qui possédait déjà le hameau du Fournieux et par le fait unissait ses terres à la baronnies de Fléchère.

 

Le fief du Haute Chanal consistait en un moulin et ses dépendances. Sa rente était estimée à 30 ânées de blé dans l’aveu rendu en 1343 à Amé de Villard par Philibert de Francheleins.

 

Guillaume de Châtenay en faveur duquel ce fief fut démembré de la Seigneurerie de Tavernost, le vendit à Jean Gaspard, seigneur de Sow, qui en rendit hommage à Louis de Bourbon-Montpensier en 1568 et le revendit à Louis Piajard, bourgeois de Villefranche.

 

De la famille Aubret, ce fief passa à celle de Messimy qui en jouissait encore à la révolution.

 

Le fief de Sapeins appartient à Antoine Sausion, écuyer en 1672 qui le céda à Jean Charrier, Sieur de la Barge de Sève. En 1725, Pierre de Sève, Seigneur de Fléchère s’en qualifie Seigneur , cette terre étant encore dans sa famille en 1772.

 

La Tour d’Ars ou Touvent était un petit fief possédé en 1674 par Guillaume Langlois, Seigneur de Tanay. Il appartient à la famille de Sève.

 

Globalement à Chaleins, Le Fournieux, Haute Chanal, Chevaleins (Mas de Chavallon en 1560), Touvent, Biesse et le Bourg dépendaient de la Chatellerie de Villeneuve, alors que Villette dépendait de la chatellerie de Beauregard, Sapeins est rattaché à la Seigneurie d’Amareins au XVIè siècle

 

On a un démembrement complexe de la commune de Chaleins

 

Régionalement, la situation est la même qu’à Chaleins ; la vie politique reste d’une complexité inextricable, un fourmillement de petits seigneurs et de grands noms, jusqu’à leur disparition au XVe siècle, se livreront une lutte incessante

 

Les coalitions se font et se défont, guerres et traités, mariages et dots, legs et ventes modifient sans cesse un découpage politique déjà compliqué. Cependant, il existe un fil d’Ariane : la conquête inexorable menée pendant près de cinq siècles par la Maison de Savoie, en éliminant peu à peu tous les antagonistes, clarifia la situation. Dès lors, seule la Principauté des Dombes ne tomba pas sous la coupe de la Maison de Savoie, restant elle-même indépendante de la France jusqu’en 1782.

 

Louis II, Duc de Bourbon, en 1400 et 1402 réunit les fiefs des Maisons de Beaujeu et Thoire Villars, cet assemblage devient vite un état coupé en deux parties (une partie sur les Dombes, une partie sur le Val de Saône) : La Souveraineté de la Dombes.

 

La souveraineté de Chaleins fut cependant disputée aux princes des Dombes par l’Eglise de Lyon. C’est ainsi que vers 1445, les juges de Villeneuve ayant arrêté et emprisonné pour le vol d’un cheval un certain Pierre Bottu, habitant de Chaleins, les officiers de Lyon viennent mettre sur la place publique de Chaleins leurs emblèmes pour y montrer leur souveraineté, mais ceux-ci furent arrachés par les officiers des Dombes. D’autres disputes eurent encore lieu et en 1480 une grande enquête fut faite pour démontrer que Chaleins appartenait bien à la souveraineté des Dombes.

 

En 1523, Charles de Bourbon s’allie à Charles Quint, François 1er saisit tous ses biens. En fait, le bailli de Mâcon venu à Trévoux pour prendre possession de la Dombes s’entend répondre que ce pays n’est pas du Royaume et que ses habitants réclament confirmation de leurs anciens privilèges : droit de battre monnaie, justice souveraine, exemption du logement des troupes, du service militaire hors de chez eux et bien entendu de l’impôt sur la taille.

 

Sans tarder, François 1er accepte. Le Roi de France conserve cependant le pays, mais en 1650, Charles IX le rend à la famille de Bourbon en exigeant un hommage, le titre de Principauté des Dombes apparaît alors.

C’est au XVIè siècle que le clocher et la façade Ouest de l’église de Chaleins sont érigés. En 1739, on prélèvera la somme de 623 livres pour les réparations de l’église, du beffroy et du mur du cimetière, en 1779, 62 livres pour la couverture des bâtiments de la cure.

 

Sous Louis XIV, la Dombes appartient à une de ses cousines : Madame de Montpensier qui, en 1658, est surprise de voir en visitant ses terres que « les paysans sont bien vêtus et mangent de la viande quatre fois par semaine » En 1614, Chaleins compte 360 habitants.

 

Madame de Montpensier abandonne sa principauté au Roi, en 1693, la Dombes vient aux mains d’un enfant légitimé de Louis XIV et Madame de Montespan, le Duc de Maine. Celui-ci prend son rôle au sérieux et fonde en particulier une imprimerie à Trévoux en 1697. A partir de 1701, trente années durant, elle donne « Les mémoires pour l’histoire des sciences et des beaux-arts », journal mensuel destiné à combattre les idées des philosophes. En 1721, elle édite les cinq volumes du Dictionnaire Universel Français et Latin, appelé Dictionnaire de Trévoux. En 1715, le Duc de Maine démembra son domaine de la terre de Chaleins et le donna à Daniel le Viste qui la partagea avec Jean Garnier, ancien avocat au parlement des Dombes, sa part fut érigée en fief sous le nom de Château Garnier. Celui-ci sera fief de Vincent de Panette en 1791.

Mais le Roi éteindra peu à peu les privilèges des Dombes,   le    Comte    d’Eu    cèdera  le pays à

Louis XV. A compter du 1er janvier 1782, la Dombes est rattachée administrativement à la Bresse.

 

 Les idées philosophiques sont très généralement admises par la noblesse et la bourgeoisie. Les nobles ne s’attachent pas à leurs privilèges. Dès 1783, ils offrent d’y renoncer. Le clergé est proche du peuple. En 1789, le Cahier de Doléances du Bailliage de Bresse est rédigé en commun par les trois ordres. Pas de soubresautes donc pendant les premières années de la révolution sauf de rares pillages de couvents ou de châteaux.

Le 25 janvier 1790, le département de l’Ain voit le jour.

 

Après la création du département, Chaleins appartient au canton de Montmerle, district de Trévoux. Celui-ci, selon M. Bossi, est presque entièrement partagé entre les étangs, les bois, les terres à seigle, il existe peu de terre à froment. La vigne est cultivée seulement sur les coteaux qui bordent les rivières. Les rivages de la Saône consolent de la tristesse intérieure du pays, ils sont peuplés et fertiles.

 

Chaleins, en plaine, est un pays d’étangs malsains, les cultures principales sont le seigle et     l’avoine,   la    population    totale   est    de

408 habitants en 1808.

 

Laissons M. Bossi nous décrire cette agriculture du début de XIXè siècle :

 « L’arrondissement de Trévoux offre, comme nous l’avons déjà remarqué deux qualités de sol bien différentes. La partie argileuse du centre est soumise à une culture assez uniforme. Elle est généralement cultivée en billons, mais rarement on croise les façons. On en fait cinq à six avant de semer. On emploie pour le labour, qui se fait ordinairement dans les premiers jours de mars, six, huit et jusqu'à dix bœufs dans les terrains très forts. Au deuxième, troisième et quatrième labours, qui sont moins pénibles, quatre bœufs et quelques fois deux suffisent. Ces terres sont peu fertiles. Les étangs seuls après avoir été en eau, rendent d’abondantes récoltes…. 

« …Dans l’arrondissement de Trévoux, le centre produit principalement du seigle, il y a un peu de froment, mais de l’orge, de l’avoine en grande abondance dans les étangs à sec. Peu ou point de menus grains. On y trouve peu de prés et toujours marécageux… »

 

L’andainage du colza, technique moderne de récolte est déjà pratiquée :

« …la culture du colza s’est propagée depuis quelques temps dans le département de l’Ain, mais elle y est encore bien imparfaite. On ne prépare point assez la terre pour recevoir la graine, on ne sème pas en pépinière, et on ne transplante pas. Ces plantes sont laissées trop épaisses, la graine n’est point recueillie avec assez de précaution et pour éviter d’en perdre, on coupe les tiges avant une maturité complète. En cet état la graine se dessèche et rend plus d’huile. 

Les exploitants du début de XIXè siècle utilisent déjà la génétique avec beaucoup d’adresse.

« …on n’élevait, dans ce département, qu’une race de cochons qui était noire, avait le corps allongé et plat, et était très haute sur jambes. On en voyait aussi de tout blanc mais les marchands de charollais les amenaient dans nos foires. On s’est avisé de croiser ces deux races et on en a obtenu des métis pies, c’est-à-dire noirs et blancs. Tous ceux qui élèvent des cochons estiment que cette variété est la meilleure aujourd’hui. Les cochons charollais qui sont naturellement plus râblés et moins élevés que les noirs ont donné aux cochons de pays la taille qu’ils n’avaient pas, en sorte qu’aujourd’hui il y a dans ce département une race nouvelle qui réunit plus de qualité que n’en avaient séparément les deux dont elles sont issues. Ils sont plus robustes, plus faciles à engraisser, deviennent très gros et sont cependant toujours en état de marcher… »

 

L’assolement présente déjà le maïs (fabrication de gaudes-soupe à base de maïs)

« … De l’arrondissement de Trévoux…. Presque la moitié des terres labourables restent en jachère. Cependant, dans l’intérieur, chaque domaine a, près de sa maison, un ou deux fonds nommés verchères, d’environ un hectare et demi ou deux hectares, sur lesquels après la récolte de froment, on alterne le maïs, le chanvre, la pomme de terre et quelques légumes et raves. Dans les meilleures terres, il est dans l’usage après la levée du blé, de retourner le chanvre et de semer dans les fromentières (terres à froment) du blé, sarrasin et la grosse rave ou turnep.

 

Depuis vingt ans environ, l’usage s’est introduit peu à peu d’alterner le tiers des jachères en semant le trèfle en mars sur le froment. Si la saison est un peu humide, on fait une coupe en septembre et dans l’année de jachère, trois coupes si on a eu soin de plâtrer. On ne laisse le trèfle qu’un an pour ne pas déssoler les terres et pour les rendre plus promptement à leur destination, qui est de donner du blé.

Cet usage n’est pas généralement suivi dans l’intérieur de cet arrondissement….le froment recueilli après l’année du trèfle pèse moins, à égalité de mesure, donne plus de son et moins de farine. La différence est presque d’un cinquième….

 

…. Presque tout le fumier est ici consacré aux meilleures terres, à la culture du chanvre, après quoi on y sème du froment, et cela sans repos, si l’on a assez d’engrais, dans le cas contraire, on admet une année de repos.

 

Pendant tout le reste du XIXè siècle, l’industrie et l’agriculture connaîtront un certain essor mais  le pays constituera surtout un réservoir de main d’œuvre pour la région lyonnaise, le département connaîtra sa population maximum en 1866, 372 000, chiffre  jamais  dépassé.

(339 262 habitants au recensement de 1968), (370 000 habitants au recensement de 1975).

 

Chaleins  atteindra la sienne en 1851 avec 915 habitants (418 habitants eu recensement de 1975).

 

La révolution de 1848 et le coup d’état de 1851 seront accueillis avec passivité bien que le député de l’Ain soit tué sur les barricades en résistant à Paris. En 1866 on réparera le clocher et installera des cloches à l’église de Chaleins, effaçant les restes de l’intervention du gouvernement révolutionnaire.

 

Le marché hebdomadaire est créé à Chaleins en 1868, le lavoir construit en 1870 pour la somme de 4 370 f.

 

 

En 1872, on construit le pont de Vallière pour 1 600 f, la mairie-école érigée en 1877 pour la somme de 20 300 f.

Sur les polices d’assurances souscrites à la mutuelle locale incendie (fondation 1879) on trouve au village en 1879 un menuisier-mécanicien, un charpentier, un charron, un aubergiste, un tailleur et un meunier.

 

En 1913, la commune comprend 1 307 ha de terres labourables, 333 ha de prés, 12 ha de vignes, 6 ha de cultures maraîchères, la population est de 640 habitants. La récolte annuelle    est    de    7 000    quintaux   de    blé, 300 quintaux de seigle, 100 quintaux de sarrasin, 200 quintaux d’avoine, 150 quintaux de    maïs,    120 tonnes   de  pommes   de  terre, 2 200   tonnes   de    betteraves    fourragères, 1 000 tonnes de foin, 1 800 tonnes de fourrages artificiels, 800 quintaux de colza, 150 quintaux de navettes fourragères, 300 hectolitres de vin et un peu de chanvre.

On   compte    80 chevaux,  1 mulet, 15    taureaux,    6 ânes,     130     bœufs, 400 vaches, 240 élèves bovins, 65 brebis,  15 moutons,  45  agneaux, 250 porcs, et 260 chèvres.

 

Le pays est essentiellement agricole, un tout petit commerce local existe avec un hôtel, une maison de vin en gros, quatre épiciers, deux boulangers. Comme industrie locale on trouve trois moulins à blé, une huilerie, quatre forgerons, un maréchal ferrant.

 

D’après un rapport des élèves de l’Ecole Supérieure d’Agriculture d’Angers rédigé environ en 1979.


 

 
 
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